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La Chronique-Société :Vers une définition réelle de la “Cité” en Haïti

Quand on demande à un politicien haïtien de définir la politique, il répond: «Selon Aristote, la politique désigne la gestion de la cité».
C’est quoi la cité selon Aristote?

Voici ce que j’ai lu dans “les politiques” d’Aristote: «Au Livre III des Politiques, Aristote propose la définition suivante de lapolis : “Une cité est la communauté des lignages et des villages menant unevie parfaite et autarcique. C’est cela, selon nous, mener une vie bienheureuse et belle (chapitre 9, 1281a1-2).”Ce que vise la cité, sa finalité véritable, c’est donc le bien-vivre ou lebonheur de ses citoyens. Toute la politique consiste dès lors à mettre en œuvre les moyens adéquats en vue de cela – ce qui passe notamment par lamise en place d’une constitution droite, seule en mesure de réaliser l’avantage commun. Rappelons que la constitution désigne chez Aristote l’organisation des diverses magistratures et surtoutde celle qui est souveraine dans toutes ».
Et voici ce que j’ai constaté dans notre réalité.

Pour les politiciens haïtiens, la cité désigne un citoyen évoluant dans une situation exécrable ne pouvant subvenir à ses besoins et ceux de sa famille trouve dans la politique l’unique porte à sortie. C’est aussi le citoyen évoluant dans des pratiques antisociales et illégales cherchant une couverture légitime afin d’effacer toutes les traces de suspicion ou pour empêcher que la justice le mette hors d’état de nuire, bénéficiant d’une certaine immunité. Elle est surtout le citoyen avec un parcours politique de trois (3) mois, qui a su prouver à son chef sa loyauté et sa générosité pendant les campagnes électorales et le chef, à son tour, procède à la gestion de ce fameux militant (Cité).

Au deuxième sens, la politique donne du goût quand on est “Cité”. On a tous envie d’être politiciens. Mais en se renvoyant au vrai contexte, l’on ne peut que constater la méchansté de ces vampires qui ne font que sucer le sang du peuple. La politique est noble dans le vrai sens du terme. Mais quand un individu remplace la cité, on ne peut qu’avoir ce pays comme résultat. Entre sénateurs, députés et magistrats, les discours sont communs: “Changer le visage de ma commune, de mon département”. En réalité, dans la politique haïtienne, on devrait appeler les politiciens départements, communes ou sections communales puisque seuls leurs visages ont changé. Dans cette acceptation de la politique, l’Etat n’existe pas. Il est clair qu’Haïti ne connaîtra que la disette. Nous ne sommes pas crétins, nous ne faisons que renverser les choses en notre faveur en fonction de notre réalité. Nos discours sont à l’envers aux yeux du peuple, mais conformes quant aux résultats obtenus.

Entre la Cité d’Aristote et la Cité des politiciens haïtiens, il n’y a pas qu’un pas.

Shervens Joseph

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