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La Chronique-Santé: Les hôpitaux sont incapables de servir la population

Port-au-Prince, le 2 octobre 2019.- Critique, telle est le cas de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH). Handicapé par la paralysie des activités depuis près de trois semaines, le plus grand centre de référence du pays se trouve dans l’incapacité de recevoir les cas référés et les servir.

” Je ne peux rien faire pour vous madame, la SOP (salle opératoire) n’est malheureusement pas en service. Nous sommes désolés, nous ne pouvons pas prendre en charge votre cas “, explique l’interne qui était de garde vers les 12 heures AM à une jeune fille qui accompagnait un homme blessé à la tête.  Un autre médecin, à quelques pas de lui, explique la même situation à un homme visiblement paniqué qui vient d’acheter une paire de gants. ” Allez à un autre hôpital, c’est la moindre chose que je peux vous conseiller “, lâche-t-il.

Malgré la situation du pays, avec les activités qui se paralyse, plus les cas d’urgence continuent d’affluer dans les hôpitaux. Le plus grand centre hospitalier du pays ne peut que traiter les cas de ” bobologie ” (les cas non compliqués), soutient l’un des rares médecins qui était de garde ce mardi 1er octobre. ” Le bloc opératoire ne fonctionne pas, pas d’intrants et de matériels, la pharmacie est vide, les médecins ne peuvent venir travailler, problème de disponibilité de l’eau…, sont entre autres difficultés auxquelles nous faisons face , ” a-t-il souligné.

Trois employés critiquent l’administration de l’hôpital qui n’a pas encore projeté une réunion sur la gestion de la crise. Aux salles d’urgences (médecine interne,  orthopédie,chirurgie)… les patients sont là, mais les médecins, non. ” La dernière fois que j’ai été consulté remonte à jeudi dernier. Regarde par toi-même, tu verras que mon pied commence à putréfier “, se désole un jeune homme qui a eu un accident de la voie publique. Il a déjà subi son intervention chirurgicale, mais ne sont pas effectués les suivis médicaux.

Les émeutes contre le pouvoir en place intensifient à travers les dix départements impactent le système sanitaire. ” L’impact de cette situation sur le secteur sanitaire est catastrophique “, a affirmé le Dr Franck Généu, le président de l’Association des hôpitaux privés d’Haïti (AHPH), disant constater avec consternation que les crises politiques, sociales, économiques et de gouvernance auxquelles fait face Haïti ne vont qu’en empirant depuis plus d’un an.

Au cours de cette crise, le personnel de santé ne peut se rendre au travail. Les hôpitaux se trouvent chaque jour dans l’inquietude de devoir arrêter les services à la population pour des raisons tant de sécurité, d’accessibilité géographique, de finances et de disponibilité d’essence. L’accès aux sources d’énergie devient un luxe de moins en moins accessible chaque jour qui passe selon le président de l’AHPH, relatant que depuis près de 12 mois les hôpitaux sont en difficulté pour trouver du sang pour les patients

Dr Franck Généus qui intervenait lundi à une Radio de la Capitale a plaidé en faveur de la mise en place d’un corridor humanitaire-sanitaire autour de quatre grands axes : l’approvisionnement des médicaments, d’oxygène, d’eau, etc; une organisation du transport par les autorités étatiques; la disponibilité du carburant dans les hôpitaux; et un support financier aux hôpitaux privés.

” En période de crise, il y a nécessité de mettre des moyens financiers à la disposition des hôpitaux privés qui prennent le relais quand les hôpitaux publics ne ne sont pas en services ou sont dysfonctionnels. Il faut bien comprendre que les hôpitaux privés payent le coût de l’incapacité des hôpitaux publics “, a expliqué le Dr Franck Généus, plaidant pour la mise en place d’un corridor humanitaire avec  la Police, l’association nationale des distributeurs des produits pétroliers (ANADIPP) l’Organisa.

La Chronique

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