En diminuant considérablement le budget des institutions de lutte contre la corruption dans le budget 2019-2020 rectifié, le gouvernement n’a pas montré sa volonté réelle de lutter contre ce phénomène, pourtant considéré par le président Jovenel Moïse, comme l’un des plus graves problèmes auxquels le pays est confronté, analyse l’économiste Etzer Émile.

Port-au-Prince, le 16 juin 2020. L’administration du président Jovenel Moise qui affirme faire de la lutte contre la corruption une priorité, a considérablement diminué, dans le budget rectificatif 2019-2020, l’enveloppe allouée aux institutions de lutte contre ce fléau.

C’est le cas par exemple de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) dont le budget a été réduit de moitié, de l’Inspection Générale des Finances (IGF), de la Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP).
S’agissant de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) et de l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF) leurs budgets n’ont certes pas diminué nominalement mais, à cause de la dévaluation de la gourdes par rapport au dollars US, en termes réels, il y a lieu de parler d’une réduction.

L’économiste regrette également que le secteur agricole n’ait pas été doté d’un budget conséquent afin de pouvoir relancer le secteur dans ce contexte de crise du nouveau Coronavirus qui provoque une réduction des produits agricoles venant de l’étranger.

Il fait remarquer que la consommation locale en produits agricoles dépend à 60% des importations avec environ 100 milliards de dollars par mois. On aurait dû profiter de cette rareté provoquée par la crise sanitaire pour augmenter les investissements dans les zones agricoles, ajoute_t_il.

Le budget alloué au secteur agricole a diminué de 33% passant de 10 milliards de gourdes en 2017 à 6.7 milliards dans le budget rectificatif.

Leonardo

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