À quelques mois de la fin de l’exercice fiscal 2019-2020, l’exécutif adopte enfin, en conseil des ministres, le budget rectificatif 2019-2020. De tout le budget, seulement 3,4% et 0,6% sont respectivement consacrés au Ministère de l’Agriculture et au Ministère de l’Environnement. Selon, le président de la Fédération Nationale des ASEC (FENASEC), Julio Adam, ce budget est l’expression du fait que les dirigeants ne veulent toujours pas comprendre « l’épée de Damoclès » qui pend au-dessus de la tête de chaque citoyen. Mais pour lui, ceux des sections communales demeurent les plus à plaindre.

Port-au-Prince le 10 juin 2020.- La menace qui nous guette est réelle. Julio Adam la voit notamment à deux niveaux. Tout d’abord, il évoque notre vulnérabilité sur le plan environnemental pour exprimer son inquiétude. « On n’est pas prêt à faire face à cette saison cyclonique » martèle le leader des sections communales. “Pourtant, le gouvernement continue de faire la sourde oreille”, poursuit-il.

En effet, le Président de la FENASEC n’est pas à sa première tentative de communication avec le pouvoir central. « On a toujours alerté le pouvoir central sur la menace réelle qui existe dans le pays » confie M. Adam. Mais, le pouvoir semble avoir d’autres priorités comme le témoigne la ventilation du budget. Moins de 5% pour deux ministères qui ont pourtant besoin d’investissement plus que jamais.

Car, en plus du problème environnemental, c’est celui de l’alimentation que souligne Julio Adam. Il s’explique: « Nous avions déjà des dizaines de milliers de citoyens qui vivaient en pleine insécurité alimentaire. Ce que n’améliore pas l’actuelle crise sanitaire dans le monde puisque les autres pays ne produisent pratiquement plus ».

La ventilation du budget, c’est donc l’irresponsabilité du pouvoir central. En tant qu’autorité au niveau des sections communales, Julio Adam a assuré que tous les autres leaders et lui ont rempli leur part du travail. « Nous avons alerté le pouvoir central », a-t-il affirmé.

Les leaders des sections communales défendent les habitants des sections communales. Il convient alors les dirigeants de répondre à leurs devoirs. Le budget est l’outil qui traduit la volonté politique du gouvernement. Il réalise l’ensemble de ses projets à travers ce budget.

Ainsi, un gouvernement qui consacre 3,4% de son budget à l’agriculture “montre clairement qu’il n’y a aucune volonté politique, ni aucune volonté réelle de la part des dirigeants pour adresser les problèmes des sections communales, et fournir des services aux gens qui y vivent.”

Pour le président de la FENASEC, les problèmes sont multiples. Et des mesures doivent rapidement être prises à travers le Ministère de l’Agriculture, pour éviter au pays de connaitre une famine sans précédent.
Mais encore, il faut que le budget ne soit plus concentré dans la zone métropolitaine, en l’occurrence, Port-au-Prince.

Parce que bien plus qu’une affaire de budget, c’est la cause des habitants des sections communales qu’il défend.
Sa question pour le pouvoir central, elle est simple. «Et les gens d’en dehors, Qu’auront-ils? »

Rebecca BRUNY

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